Pour comprendre

Données de base

Afin d’aborder le problème de l’éolien à Vauxrenard, il convient d’élargir notre vision afin de bien comprendre le contexte dans lequel il s’inscrit à l’échelle nationale, puis de focaliser sur le problème jusqu’à l’échelle communale.

La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) 2019

Commençons par la planification énergétique du gouvernement sur les périodes 2019-2023 et 2024-2028 dont voici les grandes lignes.

Pour compenser la fermeture annoncée des 4 centrales au charbon en 2022, et de 16 réacteurs nucléaires de 900 mégawatts d’ici à 2035, les industriels devront tripler la capacité éolienne (terrestre et marine) actuelle et quintupler la puissance photovoltaïque installée d’ici 2030. Le texte propose par ailleurs de limiter à 14% la consommation d’énergie par rapport à 2012 (en régression par rapport au schéma antérieur qui était de 20% !).

Pour atteindre ces objectifs, l’éolien terrestre devra doubler d’ici 2023 et tripler d’ici 2028 (13,5 GW en 2017, 24,6 GW en 2023, 35 GW en 2028), l’éolien marin restant très modeste (5 GW en 2028). Le gouvernement entend privilégier l’installation de machines de plus grande puissance et accroître la puissance des machines existantes (180 m de hauteur et plus) avec environ 15.000 mâts installés en France.

Répartition des sources de production électrique en 2017

Discussion

  • On ne peut pas compenser la production de centrales thermiques (charbon, nucléaire) simplement par de l’éolien ou du solaire en raison de l’intermittence du vent et du soleil.
  • Une centrale thermique fonctionne de façon régulière environ 80 à 85% du temps, une éolienne 25% seulement et de façon aléatoire. De ce fait, il ne faut donc pas confondre la puissance installée (en GW) et l’énergie réellement produite (en GWh/an).
  • Il faut 1000 éoliennes pour remplacer une centrale nucléaire, avec un fonctionnement aléatoire qui produit plus ou moins d’électricité selon le vent.
  • Eolien et solaire doivent donc pouvoir être compensés en l’absence de vent ou de soleil. Pour cela deux solutions : soit disposer de moyens thermiques qui prennent le relai (centrales à gaz, pétrole ou charbon…), soit pouvoir stocker en période de surproduction et restituer en période creuse. Seul l’hydraulique le permet à une échelle significative, mais limitée par le volume des barrages.
  • L’éolien marin, plus régulier devrait être privilégié, mais il est en retard en France par rapport à d’autres pays européens (Allemagne, Danemark…)

IMPORTANT : Le gouvernement tente aujourd’hui de simplifier les procédures administratives pour ne pas être gêné par les contraintes environnementales liées à l’implantation de grands chantiers, notamment les éoliennes : voir la vidéo de Médiapart où s’exprime une représentante du CNPN (Conseil National de Protection de la Nature) dont le rôle est remis en cause.

La libéralisation du marché de l’électricité

Jusqu’en 2002, c’est l’état, donc la nation via son opérateur institutionnel EdF, qui prenait en charge la production, la distribution et la vente de l’électricité depuis la fin de la guerre. C’est EdF qui assurait la construction et le fonctionnement des centrales thermiques (charbon, gaz, nucléaire…) et des barrages hydrauliques, qui se chargeait de la distribution via son réseau électrique et de la vente aux clients (individus et industriels), sans que cela ne pose de problème particulier.

Tout change en 2002 à Barcelone où le gouvernement accepte de se soumettre aux directives européennes en libéralisant le marché de l’électricité, c’est à dire en imposant à EdF de céder, en plusieurs étapes, une part de ses activités au privé. Cette tendance n’est pas nouvelle dans notre économie et s’accentue comme on peut le voir avec le marché des autoroutes, de l’eau, des télécommunications, de la poste, de la santé et maintenant des chemins de fer, des aéroports, des barrages…

Le motif avancé par les tenants du libéralisme est que le passage au privé va permettre une rationalisation du marché et faire baisser les coûts de production. Mais  l’expérience montre que ce n’est jamais le cas. Pour s’en convaincre il n’est qu’à regarder l’évolution du prix des autoroutes ou de l’eau distribuée par les opérateurs privés qui se gavent sur le dos des utilisateurs. En terme de rationalisation, on a remplacé l’opérateur public par une une multitude d’opérateurs privés (47 fournisseurs d’électricité en France en 2018 !). On a mis en place une belle pagaille dans laquelle personne ne s’y retrouve et où chaque producteur court après ses clients à grand renfort de publicité!

Quel est alors l’intérêt de cette libéralisation de tous les secteurs de la vie publique ? En fait, il est très simple, mais jamais avoué : en transférant l’ensemble des activités publiques au secteur privé, on ouvre à ce dernier des marchés d’investissement énormes qui vont permettre aux investisseurs de s’assurer des profits considérables sans aucun risque, car réalisés sur des activités qui sont garanties par l’état et financées par la population qui est contrainte d’honorer ses factures d’eau, d’électricité., de gaz…

Avec des taux de rentabilité qui sont de l’ordre de 15%, garantis sur le long terme, se sont des masses considérables d’argent qui sont données au secteur privé par les consommateurs. A titre d’illustration, un placement à 15% pendant 15 ans permet de multiplier la mise de base par 8 si l’on capitalise les intérêt. C’est colossal !!! Ainsi…

  • la nation se trouve dépossédée de l’ensemble de ses services publics et de ses moyens de production qui deviennent la propriété d’une minorité d’investisseurs,
  • la population est contrainte de financer les profits engrangés par ces investisseurs.

Le financement de l’éolien

Le marché de l’éolien n’échappe pas à cette logique libérale. Comment cela fonctionne t il ?

Chaque année l’état lance des appels d’offre pour la réalisation de parcs éoliens pour une puissance globale donnée. La PPE (voir ci-dessus) fixe le calendrier de ces appels d’offres prévus pour les futures capacités hydroélectriques, éoliennes, photovoltaïques. Ils vont se succéder au rythme moyen de 7 par an entre le premier trimestre de 2019 et les derniers jours de 2025

Les producteurs font des offres de sites à équiper (comme celui de Vauxrenard) et fixent le prix auquel ils souhaitent vendre l’électricité produite. En cas d’excès de l’offre sur la demande, l’Etat retient les moins disants. Le prix proposé est alors garanti par EdF qui a obligation d’achat sur une période de 15 ou 20 ans .

Ce prix d’achat étant très supérieur au prix du marché, qui lui, est fixé au tarif spot du marché européen, EdF comble le déficit avec une taxe prélevée forfaitairement sur votre facture d’électricité : La CSPE (Contribution au Service Public de l’Electricité) qui se situe aux environs de 16% au dos de votre facture (cette taxe sert à financer également d’autres services : solaire, biogaz, etc.)

Evolution de la CSPE avec la montée en puissance des énergies renouvelables

Ainsi, par ce mécanisme, les producteurs d’électricité éolienne sont garantis de disposer d’un revenu prévisible, fixé par eux, et sur une longue période, quelque soit le prix du marché. A titre d’exemple (caricatural), le 1er janvier 2018, par beau temps, avec du vent et une faible consommation, l’électricité avait un prix spot négatif (!) de -15 € le MWh alors qu’EdF devait acheter l’électricité éolienne aux producteurs + 82 € le MWh, soit 97 € de perte par MWh. Je gage que les agriculteurs voudraient bénéficier de pareil largesse pour leurs produits agricoles en cas d’excédents !

De ce fait, le marché spéculatif des parcs éoliens bat son plein, un parc pouvant être vendu et racheté plusieurs fois la même année en fonction de la plus-value estimée par les investisseurs.

Insertion de l’éolien au niveau intercommunal

La Communauté de Communes Saône Beaujolais (CCSB) a déployé un plan énergie dénommé TEpos : Territoire à Énergie Positive.

Les actions développées sont les suivantes :

    • Développer des actions de sobriété et d’efficacité énergétique : veiller à limiter notre consommation d’énergie (transport en commun, éclairage, etc.)
    • Améliorer l’efficacité énergétique : limiter de toutes les façons possibles les besoins énergétiques des bâtiments, des usines, des produits.
    • Développer les énergies renouvelables : bois-énergie, méthanisation, éolien, solaire thermique et photovoltaïque, la géothermie…
    • Mobiliser l’ensemble des secteurs du territoire : Citoyens, entreprises, monde agricole et viticole, collectivités…

Pour cela la CCSB a établi un diagnostic des dépenses et sources d’énergie de son territoire, sachant que le bâtiment (résidentiel et tertiaire) ainsi que les transports de personnes et de marchandises représentent 74% de la consommation d’énergie finale du territoire.

De façon synthétique le diagnostic se présente sous la forme d’un schéma dans lequel chaque case représente la même valeur d’énergie (20 GWh), avec d’une part les économies possibles et d’autre part la production renouvelable (schéma ci-dessous).

Potentiels TePos de la CCSB

C’est dans ce contexte que la société RES étudie les possibilités d’implantation d’éoliennes dans le Rhône, notamment dans le Haut-Beaujolais en raison de la présence de reliefs favorables à cette énergie.

Le projet éolien de Vauxrenard proposé par RES

Qui est RES (Renewable Energy Systems) ?

Voir leur site : www.res-group.com/fr/

Le Groupe RES, d’origine anglaise appartient la famille Mac Alpine. Le siège social est basé au Royaume-Uni. Son bureau d’étude en France est basé à Avignon (ZI de Courtine). C’est l’un des leaders mondiaux dans le domaine du développement de projets d’énergies renouvelables. Acteur majeur dans ce domaine depuis plus de 30 ans, RES est à l’origine de plus de 16 GW de capacité d’énergie renouvelable installée dont 14 GW en éolien. Les principales activités de RES sont l’énergie éolienne terrestre, l’énergie éolienne offshore, l’énergie solaire, le stockage et la transmission.

RES gère 37 parcs éolien dans le monde, avec 700 MW en France (à titre de comparaison les 58 réacteurs nucléaires français totalisent 63 000 MW, avec un facteur de charge 80% contre 25% pour les éoliennes, soit l’équivalent d’environ 65 000 éoliennes de 3 MW).

Les éoliennes RES

Les éoliennes installées par RES sont de marque VESTAS (Danemark) ou SENVION (Allemagne). Leur puissance va de 2 à à 4,5 MW par machine. Leur hauteur atteint 185 m en bout de pales (4 Mw), avec un mât de 135 m et un diamètre de rotation des pales de 100 m pour les plus puissantes.

Leur facteur de charge (durée pendant laquelle elles fonctionnent à leur puissance nominale) est en moyenne de 25 à 27 % selon les emplacements.

La vitesse de vent moyenne attendue pour qu’un site soit rentable est de 6,5 m/s (23,4 km/h) à 100 m d’altitude. En dessous de 3 à 4 m/s (10 à 15 km/h) elles ne produisent pas et au delà de 25 m/s (90 km/h) elles sont mises à l’arrêt en drapeau pour des questions de sécurité.

Leur distance minimale des habitation doit être de 500 m (cette distance est plus élevée dans les autres pays européens, de l’ordre de 1500 m, en Allemagne elle est de 10 fois la hauteur). Le bruit maximum ne doit pas dépasser 5 db le jour et 3 db la nuit (dans les habitations). La vitesse en bout de pale atteint les 250 km/h.

Implantation des éoliennes

Leur implantation nécessite de créer une plateforme d’accueil permanente de 2.500 m2 et une plateforme d’installation temporaire de 2.500 m2 supplémentaires, soit ½ hectare au total. Elles sont installées sur un socle en béton de 16 m de diamètre et 3 m de profondeur (enterré à 5 m pour permettre un rajout de 2 mètres de terre dessus) , soit environ 600 m3 de béton de densité 2,3 t/m3, soit environ 1.400 tonnes et 100 t d’acier par éolienne (8400 t et 600 t d’acier pour 6 éoliennes). Une toupie de béton à 4 roues motrices transporte environ 32 t d’où 45 toupies par éolienne et 280 pour un parc de 6 éoliennes.

La présence de granit, de grès ou de pierre d’origine volcanique pour les fondations nécessitera l’utilisation de nombreuses charges explosives (bruit, souffle, poussières, pollution chimique) ou de matériel lourd de forage (bruit) utilisant généralement beaucoup d’eau. Le chantier d’installation dure environ 1 an.

Une éolienne pèse entre 250 et 300 t selon sa taille, dont environ 150 t pour la nacelle placée à plus de 100 m de hauteur, chaque pale pèse 7 tonnes et le mât est composé de 3 tronçons de 40 tonnes chacun.

L’acheminement des éoliennes nécessite des voies relativement rectilignes de 6 m de large (dont 4,5 m de roulement), avec des virages de 40 m à la corde.

Le raccordement au réseau électrique doit se situer à moins de 20 km (Celui de Belleville est à 17 km de Vauxrenard). Il s’effectue par une ligne électrique de 20 000 volts enterrée le long des routes.

La durée de vie d’une éolienne est de 20 ans, période au bout de laquelle les éoliennes sont soit mises à niveau, remplacées par des machines équivalentes ou plus puissantes ou bien démontées. Le démontage est partiel, car une grande partie du béton reste dans le sol. La politique actuelle est le repowering qui préconise l’augmentation de  la puissance des machines lors de leur mise à niveau avec probablement une hauteur supérieure aux 150 m initiaux.

Des éoliennes à Vauxrenard ?

Le choix des implantations d’un parc éolien tient compte de nombreux facteurs, notamment:

  • quantité de vent disponible (plus de 6,5 m/s en moyenne sur l’année) : sommet des montagnes,
  • distance de plus de 500 m des habitations,
  • hors zone de radars (défense, météo, aéroports) et de couloirs hertziens,
  • prise en compte des éléments patrimoniaux et paysagers,
  • pas de zone protégée ou sensible en matière d’environnement,
  • impact sur le réseau hydraulique et les captages,
  • acceptation par les propriétaires des terrains concernés.

Concernant le Haut-Beaujolais, après les 3 éoliennes de Champ Bayon sur Saint-Igny-de-Vers et Saint-Bonnet-les-Bruyères, seul Vauxrenard reste en lice pour de nouvelles implantations, avec 4 zones favorables :

  • la montagne des Eguillettes,
  • la crête de la Lienne au dessus de Vareille,
  • Fontmartin
  • la montagne de Saint-Pierre au dessus de Changy. Mais ce site a été écarté en raison de la présence du Château de Laroche, opposé à une implantation

Voir la simulation

Carte du potentiel éolien à Vauxrenard – RES

Retombées économiques

Une éolienne de 3 MW (hauteur 150 m en bout de pales) avec un facteur de charge de 26% (prévu localement) produit environ 6,8 GWh par an. Un parc éolien de 6 éoliennes produit donc environ 6 fois plus, soit 40 Gwh/an. A 72 € le MWh (1 GWh = 1000 MWh) le chiffre d’affaire attendu est de l’ordre de 2,88 millions d’euros par an !

Selon les données fournies par RES le 22 janvier 2019, les retombées économiques sur le territoire pour 6 éoliennes de 3 MW se répartissent entre  :

  • un loyer pour les propriétaires de terrains où sont implantées les machines qui est de 9 000 €/an par éolienne installée, soit 54 000 € pour 6 éoliennes
  • Des taxes qui reviennent à:
    • la commune : 34 000 €
    • la CCSB : 97 000 €
    • le département : 53 000 €
    • l’état avec la TVA (20%) : 814 000 €

A partir de ces éléments il est possible d’avoir une idée sur la répartition du chiffre d’affaire du parc éolien entre le constructeur/exploitant et les différents bénéficiaires. En gros cela donne : 8,3 % (238.000 €/an) pour l’échelon local, 20 % (576.000 €) pour l’état via la TVA et 72 % (2.066.000 €) pour le constructeur et l’exploitant.

Répartition du revenu du parc éolien

Une éolienne de 3 MW revient environ à 3 M€ (dixit RES), soit 18 M€ d’investissement pour 6 machines. Avec un parc de 6 éoliennes qui rapporte environ 2 M€/an au constructeur/exploitant chaque année, les machines sont amorties sur 9 ans.

A cela il faut ajouter les infrastructures (voirie, ligne électrique…), les frais de dossier et les frais d’exploitation. Selon RES (le 22/01/2019), l’ensemble est amorti sur 10 à 15 ans pour un parc prévu pour durer 20 ans. Il y a donc au minimum 5 années de “bonus” à 2 M€ par an, soit au moins 10 M€ de marge bénéficiaire.

NOTA : ces chiffres sont donnés à titre exploratoire à partir des données de base fournies par RES. Il ne sont pas à prendre à la lettre, mais donnent de bons ordres de grandeur en l’attente de données plus précises.

Promesse de Bail RES pour les propriétaires

Propriétaires Attention : ne signez pas de documents sans avoir pris conseil.

Faites vous conseiller par un avocat ou notaire, sur les Promesses, les Baux et tous les documents avant de signer.

En préambule notez que:

  • Cette Promesse de bail est unilatérale, gracieuse, exclusive et cessible.
  • Promesse et bail peuvent être résiliés par le seul bénéficiaire sans indemnité à tout moment. Aucune réalité ou garantie de loyers à encaisser sur l’avenir.
  • La durée de la promesse gracieuse est de 5 ans + éventuellement 3 ans, total possible 8 ans. Le bail est de 40 ans.

A lire parmi d’autres sites:

http://chateau.guibert-les.pineaux-thorigny-eoliennes-non.over-blog.com/eoliens-eoliennes-le-bail-emphyteotique.html

A – Le Rêve proposé au propriétaire

  • Une éolienne sur votre terrain pour 3 000 € par MW et par an. Soit 9 000 € pour une éolienne de 3 MW ou 12 000 € pour 4 MW.
  • Attention ce rêve est lié à une autre réalité : une fois la promesse de bail signée par le propriétaire il a signé aussi son acceptation de servitudes même si il n’y a pas d’éolienne chez lui… Si ! Si ! Les indemnités sont alors moins généreuses ! Pour certaines servitudes 1€ par m2 (mini 150 € maxi 6 000€)
  • La Stratégie des promoteurs éoliens est claire : faire signer un maximum de propriétaires pour les servitudes inclues dans la promesse et non pas pour les éoliennes. C’est pour cela qu’ils gardent confidentiels les sites d’installation d’éoliennes. Un parc éolien installé sur 6 à 8 km nécessite beaucoup de servitudes et donc de parcelles traversées… et avec 17 kms de cablage en plus jusqu’à Belleville. Il n’y aura que très peu de propriétaires élligibles pour les loyers d’éoliennes… mais beaucoup verront des servitudes imposées pour des loyers ridicules et des pollutions sous leur responsabilité en fin de bail (constructions, cablages aériens ou enfouis, accès etc…)

B – Démantèlement

Les promoteurs utilisent une législation bien peu contraignante.

Voir questions au Sénat: https://www.senat.fr/questions/base/2018/qSEQ180303531.html

Avec 50 000 € bloqués insuffisants pour démonter une éolienne et une norme légale aussi de rendre un béton enfoui à 2 m en forestier ou 1 m en milieu agricole. Ils laissent donc, au mieux, de l’ordre de 1 400 t de béton et 100 t d’acier par éolienne dans le sol avec les riques de pollutions ultérieures. Au pire tout ou partie des éoliennes… Sous la responsabilité seule des propriétaires des terrains… Un grand moment de solitude en perspective pour le propriétaire ou ses héritiers ! Aujourd’hui les socles en béton sont enfouis à moins 2 m ou moins 1 m pour éviter d’y toucher lors d’un démantellement légal!!!

https://www.climato-realistes.fr/eoliennes-les-couts-caches/

A savoir aussi en cas d’évolution du parc éolien avec de nouvelles éoliennes de remplacement il n’y a pas de réutilisation des anciens socles mais la création de nouveaux. Plus importants avec des éoliennes plus grandes ! et on garde les anciens enfouis.

  • Défaillance possible de l’exploitant pour le démantèlement si les structures juridiques et financières sont trop légères. Un schéma pervers possible avec le risque d’une société en fin de bail programmée pour ne pas être à la hauteur des engagements souscrits… .
  • Les Vestiges après fin du bail sont la propriété du seul propriétaire du terrain et sous sa seule responsabilité bien réelle (danger, pollution…) ! Ce sera le propriétaire qui sera appelé à répondre de tout danger ou toute pollution pour des montants de centaines de milliers d’euros si ce ne sont pas des millions d’euros (dépollution des sols, démantèlement réel du béton enfoui…). Risque évident de mise en faillite des propriétaires et que la responsabilité retombe ensuite sur les communes.

Voir site http://www.economiematin.fr/news-60-000-proprietaires-menaces-de-faillite-par-les-eoliennes

https://agirpourlaxaintrie.fr/spip.php?article36

C – Pourquoi RES n’achète pas les parcelles ?

  • Avec une location théorique sur 40 ans cela représente 360 000 à 480 000 € par éolienne pour 5 000 m2 au sol !!!
  • Parce qu’ils ne veulent pas être responsables des vestiges polluants non démantelés (béton, acier, km câbles, équipements…) probablement 1 M € par éolienne et plus si les sols doivent être dépollués.

http://vent-de-trizac.fr/index.php/pourquoi-les-promoteurs-eoliens-louent-la-terre-au-lieu-de-lacheter/

D – Divers

  •  A noter , aucune indication sur l’emplacement, la taille des éoliennes, les équipements, le câblage…dans la promesse initiale.
  • rien non plus sur le nombre initial ou final d’éoliennes. On parle de 4 à 6 …puis après accord et/ou passage en force les permis de construire se succèdent sans plus aucune limite ni contrôle…
  • Changement de statut de la parcelle (fiscalité, succession, subventions diverses).
  • Les loyers perçus sont taxables
  • Pour terminer avec un projet de 12 000 éoliennes supplémentaires en France c’est 20 millions de tonnes de béton enfouis !!!…

https://www.contrepoints.org/2018/08/06/321834-30-millions-de-tonnes-de-beton-pour-implanter-20-000-eoliennes

Impact des éoliennes

Ces impacts se situent à quatre niveaux :

Ceux liés à la réalisation du chantier

    • les dégâts liés à l’installation sur site des machines : plateforme d’un demi ha dont 2.500 m2 permanents et 1400 t de béton,
    • l’aménagement des voies d’accès : 6 mètres de large dont 4,5 m à empierrer (plus 2 fois 0,75 m de bas côtés) nécessitant environ 2m3 de pierres par mètre linéaire, soit 2.000 m3 par km sur le trajet (cf guide technique des routes), soit 12 000 m3 pour 6 km de chemins
    • la réalisation de la tranchée pour conduire l’électricité au poste de Belleville sur 17km
    • les dégâts engendrés sur les routes par les camions de béton et de cailloux (environ 1000  convois et donc 2000 allers retours) et l’utilisation d’engins mécaniques de gros tonnage dans la forêt.
    • le cheminement des câbles sous les routes,
    • le dérangement de la faune durant tout le chantier (plus d’un an)
    • l’impact sur le réseau hydraulique souterrain et les sources : pollution et tarissement
    • pollution concernant les travaux lourds d’installation et les risques liés aux fuites inéluctables d’huile, de graisse, de fluides hydrauliques, de gasoil des véhicules de chantier.
    • impact potentiel sur les sources avec des fondations de 5 m minimum sur les  2 versants de la commune risquant de les détourner. Certains habitants dépendent exclusivement des sources, d’autres partiellement

Ceux liés au fonctionnement des  éoliennes

    • le bruit pour les marcheurs et la faune comme pour les habitations les plus proches : très basses fréquences produisant un bruit « lancinant ». Les effets des infrasons ne sont pas connus réellement sur les hommes et les animaux…
    • le flash de lumière réfléchi lorsqu’elles sont éclairées par le soleil le jour et les feux clignotants la nuit.
    • les ombres“clignotantes” portées par les pales avec le soleil : sur le versant Montgoury- Ouroux- Avenas  le matin sur Vauxrenard l’après midi.

Ceux liés à leur présence permanente

    • impact sur la biodiversité : destruction localement du milieu naturel (forêt), facilitation de l’accès des forêts concernées par tous types de véhicules et dérangement de la faune, impact potentiel sur les oiseaux et les chauves-souris,
    • le massif des Éguillettes est classé espace naturel sensible, il faut le protéger,
    • c’est un lieu de promenade, de chasse, de loisir et de mémoire (cave du tailleur de pierre, anciennes carrières de grès, pierre de Saint Martin) auquel les varnaudis sont très attachés au même titre que leur forêt communale.
    • il faut compter environ 8 ha de forêt à abattre pour l’ensemble du chantier (1% de la surface forestière de Vauxrenard)
    • l’impact visuel sur les paysages : les éoliennes sont très hautes et donc visibles de loin. On considère notamment qu’une éolienne placée dans un paysage collinéen apparaît deux fois plus grande que dans un paysage de plaine agricole.
    • Impact sur le tourisme, existant et à venir comme sur un projet de réhabilitation du site et de la maison du garde forestier de la Pépinière
    • Impact sur la valorisation immobilière et l’attrait de Vauxrenard pour de nouveaux arrivants.
    • Voir une simulation de l’implation sur Vauxrenard

Celui de leur devenir après 20 ans

  • repowering remplacement par des machines plus puissantes et donc plus grandes. Actuellement préconisé par le gouvernement
  • démantèlement  du site : comment ? par qui ? Budget insuffisant de 50 000 € par éolienne. Pas d’enlèvement du béton enterré (8 400 t)
  • Voir ce document sur Internet avec les problèmes posés par le démantèlement. Les propriétaires subissent deux énormes menaces qui sont des bombes à retardement sur leur patrimoine et leur situation personnelle. Ils devraient faire relire leur bail par des experts ou des avocats indépendants avant qu’il ne soit trop tard. Les jurisprudences les menacent à chaque instant selon la règle « pollueur-payeur » qui frappe le propriétaire des terrains.

En tout état de cause, l’impact le plus important est certainement celui du chantier qui va bouleverser profondément la nature et les voies d’accès pour une période longue de plus d’un an. Ensuite, il faudra compter avec les larges voies ouvertes dans la forêt.

Le trajet d’amenée des machines n’est pas encore précisément déterminé, mais il devrait venir de Mâcon, passer par Saint-Jacques-des-Arrêts et Fontmartin pour ressortir à Montgoury ? Etant donné la difficulté de croisement faudra t il un sens unique sur nos routes pendant 1 an ? Il est donc encore difficile d’en déterminer les contraintes et les conséquences…