Ouverture de la chasse
Récemment, la préfecture a défini la période de chasse 2026-2027, du 13 septembre 2026 au 28 février 2027, mais également les activités que la société de chasse communale de Vauxrenard pourra réaliser en dehors de cette période.
Cette dernière est autorisée à prélever le chevreuil, le renard et le sanglier en été, à l’affût, le matin ou le soir, ainsi qu’à organiser des battues. Des tirs de nuit avec une lunette infrarouge par un lieutenant de louveterie sont également prévus. La société de chasse fournit par ailleurs 6 km de clôture électrique aux agriculteurs pour protéger leurs cultures contre les sangliers, notamment les vignes à la veille des vendanges.
Il n’est donc pas anormal de croiser des chasseurs ou d’entendre des détonations en cette période…
Le Renard et le Sanglier
Devinette : du Renard et du Sanglier, lequel des deux est classé « espèce susceptible d’occasionner des dégâts (ESOD) » ? Le Sanglier, me direz-vous, c’est une évidence ! Eh bien non, c’est le Renard ! Comme le sanglier se mange, il est classé gibier alors qu’il occasionne de gros dégâts, contrairement au renard qui est peu impactant mais ne se déguste pas !
Compte tenu de la sécheresse et des conditions de vie particulièrement difficiles pour la faune, la possibilité de tirer ces animaux en période estivale nous paraît quelque peu excessive, tant pour la qualité de vie des animaux que pour la tranquillité des habitants. Mais tel n’est pas notre propos…
À l’observation des vidéos filmées sur plusieurs années par une demi-douzaine de caméras dans les forêts de la commune, nous constatons que le Chevreuil et le Sanglier sont de très loin les espèces les plus abondantes.
Quant au Renard, nous l’observons 10 fois moins souvent que le Chevreuil et le Sanglier ! Malgré sa faible densité (en moyenne 1 renard pour 100 ha, mais cela est très variable en fonction de la saison et de la nourriture), il joue un rôle écologique important en régulant notamment les populations de rongeurs (de 3000 à 6000 rongeurs par an pour un renard), favorisant ainsi la régénération naturelle de la forêt. Il contribue indirectement à limiter le risque de maladie de Lyme, les rongeurs constituant le principal réservoir biologique de la bactérie Borrelia. Son utilité est donc évidente.
Il ne présente par ailleurs pas véritablement un caractère de nuisance, si ce n’est le prélèvement de quelques poules mal clôturées ou de faisans d’élevage de toute façon destinés à une mort certaine. Quand à l’échinococcose transmise par les déjection des chiens et des renards, elle ne concerne qu’un très petit nombre de cas (1000 fois mois que la maladie de Lyme)
Les prédateurs comme le renard ont la capacité de réguler naturellement leur population en fonction de l’abondance de la nourriture, notamment des campagnols, ceci, contrairement aux ongulés (chevreuils, sangliers…) qui se nourrissent principalement de végétaux. « Réguler » la population de renards par la chasse n’a donc pas de sens sur le plan biologique.
C’est pourquoi nous nous interrogeons sur le classement du Renard comme ESOD défendu principalement par les fédérations de chasse. En France il se tue entre 500 000 et 600 000 renards chaque année, soit en moyenne 1500 renards par jour ! Au Luxembourg la chasse au Renard est interdite depuis 2015, de même dans le canton de Genève depuis 1974 sans que cela ne pose de problème…
Simple plaisir de pouvoir tirer sur une cible vivante pendant toute l’année ?
Si vous avez un avis sur ce sujet ou des arguments à nous proposer pour ou contre la chasse au Renard nous écrire à accueil@lapierredesaintmartin.org