Il y a quelque chose qui cloche !

Le saviez-vous ?

Vous ne pourrez plus tirer les cordes du clocher de l’église de Vauxrenard pour faire sonner à la volée Mathilde et Geneviève, les deux cloches de l’église !

En effet, monsieur le maire a décidé de faire électrifier les cloches de l’église de Vauxrenard, impliquant la destruction du système manuel en place.

Certes, il devenait difficile à notre marguiller (le sonneur de cloches) de sonner le glas au « coup par coup » à la demande des paroissiens lors des obsèques d’un habitant de la commune. Il était donc souhaitable de faire quelque chose. Mais de là à démolir le système en place, en parfait état de marche depuis 1841, il y avait un pas à ne pas franchir…

En effet, il était parfaitement possible de mettre en place un « marteau » électrique pour sonner les cloches « coup par coup » (voir ici les différentes façons de sonner les cloches) sans pour autant casser le système de balancement à la volée utilisé lors des offices religieux, messes, mariages, baptêmes… comme cela a été fait.

Sonner les cloches à la main pour ces offices est une tradition en l’église de Vauxrenard depuis près de 1 000 ans. Les cloches actuelles (mises en place en 1841 suite à l’incendie du clocher), ne méritaient pas un tel affront.

Comment une telle décision, coûteuse pour le budget communal (entre à 7.000 et 8.000 euros, conseil municipal du 5 février 2018) a t elle pu être prise sans que les paroissiens soient même consultés pour donner leur avis ?

Incompréhensible !

En effet :

  • il n’est pas difficile de balancer les cloches avec les cordes. Les enfants peuvent le faire sans difficulté, et à leur plus grande joie, pour les baptêmes, mariages, et autres offices religieux !
  • le système en place est en bon état et fonctionne très bien depuis 180 ans !
  • il ne nécessite pratiquement aucun entretien,
  • il est possible de mettre en place un marteau mécanique pour sonner le coup par coup (tintement) sans toucher au système de balancement,
  • personne n’a demandé à modifier ce système, et notamment pas le marguiller que nous avons interrogé.

Par contre, son électrification pose de gros problèmes :

  • elle nécessite la destruction des roues solidaires des cloches qui sont  actionnées par les cordes,
  • cette destruction est une atteinte au patrimoine de ce clocher du XIème siécle, classé aux monuments historiques. Elle ne peut pas être réalisée impunément sans étude préalable sérieuse et dument justifiée,
  • elle prive les paroissiens de ce geste symbolique de « tirer sur les cordes » pour sonner les cloches les jours de fête. Vauxrenard pouvait s’enorgueillir d’être l’une des dernières communes dans laquelle on peut encore « tirer les cloches ».  Adieu ce privilège !
  • elle est très coûteuse (de 6 à 8 000 euros)…
  • elle est fragile et nécessite une programmation sur ordinateur qui sera soumise aux risques de panne par coup de foudre ou surtension,
  • elle nécessite une maintenance permanente (quel sera le coût d’une intervention d’un spécialiste venant de Saint-Etienne ?) Voir le site de l’installateur.
  • elle est dangereuse : des moteurs électriques fixés sur des poutres de 180 ans peuvent déclencher un incendie en cas de court-circuit (le dernier incendie du clocher date de 1823 suite à un coup de foudre),
  • En cas de panne, il sera impossible de sonner les cloches, le système ancien étant détruit et rendu inopérant,
  • la durée de vie du système informatique est ridicule par rapport à celle du système mécanique ancien.

Souhaitons que les matériels cassés et démontés soit restés sur place pour, un jour peut-être, faire revivre nos cloches comme elles le méritent.

 

 

Publié dans Non classé | 3 commentaires

Éoliennes, un texte de l’écrivain J-Y Loude

Non au projet irresponsable d’éoliennes inadaptées au Champ Bayon !

Jean-Yves LOUDE, écrivain et ethnologue du Beaujolais nous propose la lecture d’un texte qu’il a rédigé concernant le projet éolien de Champ Bayon et qui sonnerait tout aussi juste pour le projet de Vauxrenard, heureusement abandonné…

Je tiens à apporter mon soutien total à votre action de résistance au
projet d’implantation de parc éolien dans le massif du Champ Bayon, sur
les communes de Saint-Bonnet-des-Bruyères et de Saint-Igny de Vers.
Ce projet est, à mes yeux, absurde et criminel, dans le sens qu’il tend à
assassiner un site dont la beauté naturelle constitue une richesse et une
source de développement en Haut-Beaujolais.

Il est absurde parce que ses promoteurs s’acharnent à influencer les élus
locaux en dépit des rapports d’experts scientifiques qui déconseillent
l’implantation d’éoliennes de montagne à cet endroit.

Il est absurde, aussi, parce qu’il met en danger le réseau des sources qui fait
la fierté des habitants de Saint-Bonnet-des-Bruyères et garantit leur
indépendance par rapport à la distribution de l’eau globalisée. Il est évident
que les explosions nécessaires au creusement de fondations d’éoliennes de
180 mètres de haut ( !) vont bouleverser de manière irréversible l’équilibre
naturel sagement établi par les siècles.

Quand l’argent brille, ou quand des lobbyistes font teinter des perspectives
de profits à court terme, la sagesse a tendance à s’évaporer. Les éoliennes ne
sont pas partout adaptées à la montagne. La taille démesurée des tours
destinées au massif de Champ Bayon dépasse l’entendement. Est-ce la
preuve que le vent est trop faible à cet endroit et qu’il faut tendre les pales à
cette altitude dans l’espoir d’en capter un peu ? Certes, l’éolien industriel a
droit d’existence, mais là où souffle le vent. Personne ne dira le contraire. Il
n’est pas le bienvenu là où l’énergie recherchée, le vent, est trop aléatoire.
Imaginer le chantier dévastateur des voies d’accès au site, d’élévation de ces
anomalies métalliques et de raccordement au réseau électrique, dans un
cadre dont l’harmonie et le silence sont les garants du développement futur
de la région, provoque des cauchemars. C’est un peu comme scier la branche
sur laquelle on est assis… Et qu’en pensent les oiseaux et autres animaux
bénéficiaires de ce territoire ? On en arrive à se demander comment un tel
projet de destruction massive a seulement pu être inventé. Les industriels et
financiers qui le défendent appartiennent à un monde vieux et dépassé. Ce ne
sont pas trois éoliennes erratiques et nuisibles qui vont répondre à la juste
préoccupation de l’alternative au nucléaire. Commençons par réformer notre
consommation irréfléchie.

En revanche, dans la lutte quotidienne que nous devons tous mener,
ensemble pour prévoir d’urgence un autre développement, sensible et
durable, de notre planète, un territoire comme celui du Haut-Beaujolais
représente un excellent laboratoire de réflexions.

Il est grand temps que les habitants de ces hauteurs privilégiées
redeviennent les plus ardents défenseurs de leur beauté, de leur sérénité, de
leur potentiel d’attractivité. Un film récent, qui a fait le tour de la France,
portait le titre « Nos enfants nous accuseront ». Il clamait les ravages causés
par la perte de conscience de ceux qui se devaient d’être responsables de la
terre et des sols, de ceux qui se sont laissés intoxiquer par les arguments des
usuriers et des chimistes. Ce film recensait les malades en salles d’attente des
médecins, victimes d’un néo-féodalisme installé de force dans le monde
paysan. Ce qui se joue aujourd’hui dans le domaine du Champ Bayon est du
même ordre. Une intoxication par l’illusion de revenus financiers faciles,
comme les viticulteurs du Beaujolais de vigne l’ont connue à partir des
années 1960. Il est temps de s’opposer vigoureusement à ces manigances qui
n’incluent pas l’intérêt général dans leur cahier des charges. Il est temps que
les élus locaux se tournent vers le vrai potentiel de la région dont ils sont
responsables, la Nature, s’ils ne veulent pas un jour que les enfants les
accusent d’avoir bradé le plus important des patrimoines.

Le Haut-Beaujolais mérite de l’imagination et de l’exigence. Son développement viendra de l’exploitation douce et durable de ses atouts : les forêts préservées et les
chemins, le circuit de l’eau, l’art et la présence de créateurs (ils sont cinq, rien
qu’à St Bonnet des Bruyères, tous importants), le patrimoine bâti, la force
culturelle, la gastronomie, l’accueil de publics sensibles, le calme qui, dans
très peu de temps, sera aussi recherché que l’eau. La modernité passera en
Haut-Beaujolais par un tourisme réfléchi et hospitalier, inventif et altruiste,
culturel et gourmand. Certainement pas par une transformation du massif de
Champ Bayon en parc d’attraction avec, à l’affiche, la plus haute éolienne
d’Europe, et l’idée de déplacer les foules, comme autrefois, pour contempler
la femme à barbe, la géante chauve ou autre monstruosité. Ce choix sera vite
dénoncé, car le souci de la Nature s’impose de plus en plus chez les jeunes.
Et, en cas d’échec envisageable de ces moulins à vent affligeants, a-t-on
vraiment dit aux élus concernés ce qu’il allait en coûter à la commune ? J’ai
peur que le défaut de non adaptation de ces engins aux lieux durablement
massacrés soit minimisé, ou dissimulé par les promoteurs habitués, eux, à
brasser de l’air et du vent.

En tant que fils du Beaujolais, résident en Beaujolais, travailleur en
Beaujolais, défenseur du développement en Beaujolais par la culture, j’espère
de tout coeur ne jamais voir s’élever ces tours infernales, de ne jamais vivre
ce désastre, de ne pas assister au triomphe décadent du business frelaté.

Jean-Yves Loude, écrivain, ethnologue,
auteur de « Ça coule de source » – Dictionnaire fluide et affectueux du Haut-
Beaujolais de l’eau (lien : https://tinyurl.com/cacouledesources)
23 juillet 2019

 

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

L’eau, un bien commun…

Lucien Michaud (1920-2006), se désaltérant à la source des Eguillettes

Le saviez-vous ?

L’eau est un bien commun auquel chacun doit pouvoir accéder, c’est un droit fondamental garanti par l’ONU.

Les sources de la commune de Vauxrenard (sources de la Mauvaise et des Brigands) produisent en moyenne 39 000 m3 d’eau par an, de quoi alimenter près de 1000 habitants, une aubaine en période de sécheresse et de canicule… Une eau d’une très grande pureté.

Mais voilà, en 2008, le Syndicat Intercommunal des Eaux du Haut Beaujolais (SEIHB) a préféré rejeter à la rivière l’eau des sources, pourtant très abondantes, pour la remplacer par de l’eau provenant de captages de la plaine avec la mise en place de stations de pompage pour remonter l’eau des réservoirs de plaine jusqu’au réservoir de l’Oisillon.

Au grand dam des habitants et de son maire de l’époque (Jean-Luc Prothet) qui se sont exprimés dans une réunion publique mémorable le 5 février 2010 !

Pourquoi ?

Officiellement l’eau de nos sources risquait d’être déclarée impropre à la consommation : de « très douce » (sans calcaire), elle a subitement été qualifiée de « très agressive », car trop pure ! « Le contexte géologique des sources fait que l’eau est acide, très faiblement minéralisée et agressive… le SIE a opté par délibération pour l’abandon des sources au profit d’une ressource dont l’eau n’est pas agressive » nous a t on expliqué.

Ces sources sont la raison même de l’implantation du village en ces lieux ; jamais aucun problème de santé publique n’a été relevé au cours de l’histoire, ancienne ou récente !

Voir les questions posées en 2008 au Syndicat des eaux et restées sans réponse…

Officieusement, cela permettait à la SDEI (devenue aujourd’hui Suez) de remplacer une eau gratuite et non polluée qui descend des montagnes, par une eau traitée provenant de la Saône, à près de 20 km de là, et plus de 300 m plus bas en altitude, bourrée de calcaire qui encrasse tous nos appareils !

L’eau de nos sources est un bien commun : c’était la mise à disposition (tuyaux, réservoirs) qui faisait seule l’objet d’une facturation à chaque utilisateur ; tandis qu’aujourd’hui l’eau de la Saône, traitée pour dépollution, est un produit transformé, à même d’être cette fois vendu aux consommateurs par ces sociétés.

En effet, aujourd’hui, les ressources en eau sont souvent détournées au profit de sociétés privées et les factures en délégation de service public auprès des opérateurs privés (Véolia, Suez, Lyonnaise, Saur) sont de ce fait en moyenne plus de deux fois plus élevées qu’en régie publique !

Que faire ?

Afin que cela ne reproduise plus et afin de peser sur les décisionnaires pour disposer une alimentation en eau de qualité et à prix modéré a été créé le collectif  Touche pas mon eau, auquel le Collectif de la Pierre de Saint Martin a adhéré.

Voir la plaquette diffusée par le collectif

Chacun peut y adhérer, gratuitement et à titre individuel, en adressant un message à touchepasmoneau@gmail.com , en indiquant vos nom, prénom et commune.

Plus nous serons nombreux, plus nous serons forts !

Transfert de compétence

Le transfert de la compétence « eau » vers la Communauté de Communes Saône-Beaujolais est une très bonne opportunité de créer une régie publique de l’eau au profit des consommateurs.

Pourquoi cette dernière modification ? Parce que la compétence eau a été transférée par les communes aux syndicats intercommunaux  il y a bien longtemps (SIEHB en ce qui concerne Vauxrenard : Syndicat Intercommunal des Eaux du Haut-Beaujolais) ; le processus actuel concerne le transfert de cette compétence des syndicats intercommunaux vers les communautés de communes (avec dissolution des syndicats : « réduire le mille-feuilles » !) aux Communautés de Communes.

Source des informations :

  • Faisabilité de la conservation des sources de Vauxrenard ou création d’une station relais de pompage. Bureau d’étude MERLIN, 2008.
  • Bulletin L’infEAU, syndicat intercommunal des eaux du Haut Beaujolais. 2007
  • Rapport annuel « Prix et qualité du service public », service de l’eau potable. Syndicat Intercommunal des Eaux. Exercice 2007

 

Publié dans Non classé | Un commentaire