Renard et maladie de Lyme

Le Renard et la lutte contre la maladie de Lyme

La maladie de Lyme est une pathologie grave en pleine expansion, notamment en Europe. Elle est devenue la plus fréquente de toutes les maladies transmises à l’Homme par un insecte ou un acarien dans l’hémisphère nord. En France, elle touche de plus en plus de monde :

  • 1 Français sur 4 a déjà été piqué par une tique,
  • La maladie de Lyme fait de plus en plus de victimes : 27 000 cas par an en 2014 à plus de 50 000 en 2016.

Principale maladie transmise par les tiques, celle de Lyme reste largement énigmatique. Identifiée dans les années 1970 aux Etats-Unis dans la ville de Lyme (Connecticut), elle est transmise à l’homme par une piqûre de tique Ixodes infectée par une bactérie appelée « Borrelia burgdorferi », de la famille des spirochètes.

Un plan national de lutte contre cette maladie et les autres pathologies transmises par les tiques a été lancé le 29 septembre 2016 et une pétition circule pour améliorer les moyens de la détecter et de la prendre en charge.

Tique sur brin d’herbe

Non traitée immédiatement, elle entraîne des problèmes articulaires, musculo-squelettiques, cardiaques et neurologiques pouvant être récidivants et/ou chroniques, invalidants, douloureux et difficiles à guérir. Elle est transmise par les tiques infectées par une bactérie (Borelia sp.). Le réservoir de cette bactérie est constitué principalement par les animaux sauvages (chevreuils, sangliers…), mais surtout par les petits rongeurs (mulots, campagnols…). On la contracte en se promenant dans la nature lorsqu’une tique porteuse de la bactérie vous pique. Si la tique n’est pas détectée et enlevée dans les 48 heures, il faut impérativement aller voir un médecin qui vous prescrira un traitement antibiotique adapté.

Pour la première fois, une étude parue dans la revue « The Royal Society Publishing » en juillet, montre par des analyses de terrain, que la diminution des prédateurs tels que le renard roux, la martre ou le blaireau a des effets directs sur la transmission de la maladie de Lyme.

En 2012, une équipe de recherche menée par Levy et al. mettait en évidence le lien entre la perte de biodiversité et le déploiement de cette maladie. L’équipe démontrait notamment que l’émergence de la maladie de Lyme était due à la diminution du renard roux prédateur spécialiste des rongeurs, hôtes privilégiés pour la majorité des tiques.

Renard capturant un campagnol

En 2017, une autre équipe de recherche menée par Tim R. Hofmeester de l‘Université de Wageningen (Allemagne) a confirmé, en condition réelle, que l‘activité des prédateurs, en régulant les populations de rongeurs porteurs des tiques pouvait abaisser le nombre de celles-ci dans la nature. Elle confirme donc que la diminution des prédateurs a des effets directs sur la transmission de la maladie et que la protection des espèces telles que le renard roux, la martre, le putois ou le blaireau est une solution naturelle pour diminuer la présence des maladies transmises par les tiques.

Contrairement à une idée reçue, les renards sont en fait nos meilleurs protecteurs contre cette maladie en pleine expansion bien plus grave et beaucoup plus coûteuse que la supposée nuisance du goupil ! Il importerait donc de stopper leur destruction systématique, tout comme celle de tous les autres petits carnivores…

Malheureusement le projet d’arrêté qui fixe les dispositions pour la période 2019 à 2022 concernant la liste des « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » mentionne les mêmes espèces indigènes qu’auparavant : Belette, Fouine, Martre, Putois, Renard, Corbeau freux, Corneille noire, Pie bavarde, Geai des chênes et Etourneau sansonnet, sans prendre en compte l’importance des petits carnivores pour lutter contre la maladie de Lyme dont l’impact sanitaire est bien plus important que les « dégâts » causés par ces animaux ! Ignorance ou incompétence ?

Source : bulletin de la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité du 20 septembre 2017

Voir sur le site de Femme Actuelle des informations complémentaires

Daniel Mathieu, bulletin municipal de Vauxrenard, 2018