Les haies

Les haies, au cœur de la biodiversité

Belle haie, bien garnie, en bord de route. Vauxrenard, 2017

Éloge de la haie !

La haie source de biodiversité : la haie qui sépare deux champs ou qui borde une route participe à la production de la majorité de la biodiversité environnante. Voici comment…

La haie garde-manger : c’est dans la haie que se concentre la production végétale, fleurs et fruits. Si la haie est broyée latéralement et sur sa hauteur, adieu bourgeons, fleurs, fruits et insectes… C’est la famine assurée pour tous ceux qui en dépendent.

La haie « autoroute de la faune » : les animaux y sont à l’abri des regards, de la chaleur et peuvent s’y déplacer sans danger. Les écologues parlent de « trame verte » pour caractériser cette fonction en insistant sur sa continuité.

La haie nurserie : insectes et animaux ont besoin de couvert végétal pour établir leurs nids et se reproduire. Depuis le sol où vivent les animaux et les insectes rampants, jusqu’au sommet des arbres où nichent les oiseaux, la haie est occupée à tous les étages.

La haie, régulateur de température : la haie, par son couvert dense régule ces excès et offre des niches où peuvent s’abriter les animaux. Supprimer la haie, c’est les vouer à mourir de froid, de chaud ou de soif !

La haie écologique : la haie c’est aussi le barrage qui freine l’eau des orages, retient les talus et arrête les produits phytosanitaires avant qu’ils ne rejoignent la rivière…

La haie clôture: la haie c’est aussi le moyen le plus naturel de clore un champ pour le bétail.

La haie gourmande : et puis, c’est dans les haies que l’on cueille les mûres qui font les meilleures confitures…

Mais les haies sont maltraitées…

À quoi pouvaient bien ressembler les haies il y a 40 ans, en l’absence des « épareuses » qui les broient aujourd’hui ? Et bien tout simplement à des haies dans toute leur splendeur !

Le goût immodéré pour une nature « propre » se traduit la plupart du temps par des haies totalement défigurées. Gênent-elles la visibilité sur les routes ? Seulement pour une toute petite portion d’entre elles, celles qui sont placées à l’intérieur des virages.

Les haies gênent les fils électriques ? Ce défaut est facile à corriger par un élagage annuel approprié et raisonné des branches les plus hautes et qui posent problème.

Les haies font de l’ombre ? Cette ombre ne porte pas très loin et en période de réchauffement climatique elle constitue plutôt un avantage, notamment pour le bétail.

Les haies ne font pas « propre ». Cet argument est le reflet d’une culture, celle de la nature qui doit être cadrée, taillée au carré, domestiquée, sans « herbes folles »…

Mais la cause la plus redoutable est celle de la puissance des machines, les « épareuses » qui broient et stérilisent littéralement tout ce qu’elles touchent.

Dans tous les cas le résultat est le même : les haies régressent, étêtées, broyées jusqu’au cœur et finalement détruites, laissant la place au vide ou bien à des clôtures artificielles…

En conclusion

  • ne jamais détruire une haie sans avoir de très, très bonnes raisons pour le faire,
  • toujours élaguer avec beaucoup de modération afin de maintenir sa hauteur et son épaisseur,
  • apprendre à regarder les haies comme des entités vivantes indispensables à l’équilibre de la nature et la beauté de nos paysages.

Il faut des dizaines d’années pour qu’une haie atteigne son apogée, quelques heures seulement à une machine puissante pour la détruire !

Daniel Mathieu, décembre 2018

Documentation

  • Télécharger la Charte de plantation et d’entretien des haies bocagères de la Communauté de Communes Saône-Beaujolais (fichier pdf)
  • Télécharger le texte complet sur les haies (fichier pdf)