Que faire à l’échelle nationale

Notre production de gaz a effet de serre

Les émissions moyennes par habitant sur le territoire français sont de 6,9 tonnes équivalent-CO2 en 2017. Si l’on prend en compte les importations et les exportations de biens produits à l’étranger l’empreinte carbone moyenne par habitant grimpe à 11,2 tonnes (+62%). Elle a augmenté de 6% entre 1995 et 2017.

Dans le cadre de l’accord de Paris, la France s’est engagée à réduire de 40% ses émissions en 2030 par rapport à l’année 1990. Dans son dernier plan climat, la France s’est fixée un objectif de neutralité carbone en 2050.

Quelles sont les priorités ?

Les données ci-dessous nous indiquent les leviers sur lesquels il faut agir :

Le transport est responsable de 26 % des émissions de CO2, des émissions qui ont augmenté de 13,5 % depuis 1990.

L’agriculture, à l’origine de 21 % des émissions. Les activités agricoles rejettent principalement du protoxyde d’azote, lié à la fertilisation azotée, et du méthane, en raison notamment des rejets animaux, mais consomment aussi du pétrole pour les machines et la production des engrais

L’industrie, en troisième position avec 20 % des émissions. Ses émissions ont diminué de 10 % entre 1990 et 2007 ». La place relativement faible occupée par l’industrie est liée au fait que notre industrie est très largement délocalisée.

L’habitat, aussi appelé secteur résidentiel-tertiaire, est responsable de 19 % des émissions provenant des installations de chauffage, de production d’eau chaude et de climatisation. Elles ont augmenté de 11,4 % entre 1990 et 2008. À noter que les émissions des ménages (transport, habitat…) représentent un tiers des émissions nationales et ont augmenté de 33 % entre 1990 et 2007.

L’accroissement de la forêt représente quant à elle un puits de carbone de l’ordre de -32 millions de tonnes de CO2 par an à l’échelle nationale (pour 452 millions de tonnes équivalent CO2 produit), soit près de 7% de CO2 en moins.

Que faire à l’échelle nationale ?

Nous avons examiné les leviers sur lesquels jouer dans les conclusions de notre précédent article Énergie et CO2. Nous pouvons imaginer les principales dispositions :

  • politique massive d’isolation des bâtiments et utilisation de moyens de chauffage les moins carbonés (pompes à chaleur, radiateurs électriques nouvelle génération, gaz, bois énergie),
  • redéploiement du transport ferroviaire : lignes secondaires, ferroutage des marchandises, trains autocouchette… et forte réduction des trajets aériens (suppression des lignes intérieures),
  • Interdiction des véhicules trop consommateurs de carburant (SUV…), vente de véhicules consommant moins de 3 l/100 km et de véhicules électriques,
  • relocalisation de la production des biens essentiels à la vie et production de biens durables et réparables,
  • arrêt du déploiement des systèmes informatiques énergivores dont la croissance actuelle aboutira à une impasse (cas de la 5G, des appareils connectés, de l’IA à toutes les sauces…),
  • réduction du parc nucléaire accompagnant la réduction de notre consommation électrique et déploiement raisonné de l’éolien et du solaire photovoltaïque,
  • transformation radicale de notre agriculture vers une agriculture de conservation (agroécologie, agroforesterie, agriculture biologique…), réduction de la production animale (notamment bovine) et élevage sur herbe, arrêt des importations de soja…
  • gestion intelligence de la ressource forestière : accroissement du couvert forestier, limitation du bois énergie aux seuls rebus forestiers, développement de l’usage du bois d’œuvre dans la construction… 
  • et… forte réduction des inégalités sociales à l’échelle nationale et internationale.

Tout un programme ! Attendons maintenant de voir ce que proposeront les 150 citoyens qui réfléchissent dans le cadre de la Convention citoyenne pour le climat mise en place par le gouvernement en 2019…

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