La haie et le pinson

Selon vous, quel est l’intérêt de tailler une haie de façon aussi drastique ? L’intervention est très facile grâce à l’épareuse*, la haie fait de l’ombre ? elle cache le paysage ? Certains considèrent que taillée ainsi « cela fait propre » !

Mais la réponse n’est pas si évidente… Sur le plan esthétique d’abord, le résultat laisse plutôt à désirer… Mais surtout, une haie ainsi « rabotée » ne porte plus ni fleurs ni fruits au printemps : elle ne nourrit plus les insectes pollinisateurs, prive les oiseaux de baies, et n’offre plus d’abri propice à la nidification. En résumé, c’est un appauvrissement écologique majeur. À l’heure où l’État et les collectivités financent la plantation de haies pour restaurer la biodiversité, ce type de pratique apparaît en totale contradiction avec les objectifs affichés.

Dans la grande majorité des cas, il n’est pas nécessaire de tailler le dessus d’une haie. Avant l’apparition des outils mécaniques modernes, les haies n’étaient pas élaguées par le haut. Seuls quelques arbres de haut jet étaient exploités pour produire du feuillage destiné au bétail ou du bois de chauffage. Les haies vivaient, fleurissaient et fructifiaient librement, remplissant pleinement leur rôle écologique.

Certaines contrées montrent qu’une autre approche est possible. Depuis plusieurs années l’entretien des voies communales sur Vauxrenard et Fleurie respecte les haies sans que cela ne pose de problèmes particuliers. De même, les agents départementaux chargés de l’entretien des abords routiers ont fait évoluer récemment leurs pratiques dans ce sens, réduisant leurs temps d’intervention de 30 à 40 %. Une gestion plus respectueuse est donc non seulement bénéfique pour l’environnement, mais aussi rationnelle sur le plan économique.

Les vignerons implantent des haies en périphérie de leurs parcelles et développent des pratiques d’agroforesterie afin de renforcer la biodiversité. Ces aménagements favorisent la présence d’auxiliaires naturels. Dans cet environnement plus équilibré, la pression parasitaire diminue, ce qui permet de réduire le recours aux traitements phytosanitaires.

À l’heure où les populations d’insectes et d’oiseaux s’effondrent, chacun — collectivités, agriculteurs, particuliers — devrait mesurer l’impact de ces gestes en apparence anodins. Préserver la hauteur et la structure naturelle des haies, c’est maintenir des corridors écologiques indispensables à la vie sauvage. Pourquoi ne pas suivre cet exemple, notamment le long des haies privées ?

Épareuse : machine portée par un tracteur utilisée pour broyer l’herbe et la végétation.

Ressources :

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La sécu a 80 ans !

Cette année la sécurité sociale fête ses 80 ans. Mais connaissez-vous son acte de naissance le 4 octobre 1945 ?

Le Collectif de la Pierre Saint Martin a inscrit parmi ses missions celle de favoriser le lien social. Ainsi, fêtons l’anniversaire de la Sécurité Sociale qui avec ses 80 ans fait toujours parler d’elle…

À la Libération, en 1944, le gouvernement provisoire du général de Gaulle réunit toutes les forces issues de la Résistance : gaullistes, socialistes, chrétiens-démocrates et communistes. Un moment rare d’union nationale, où l’on rêve d’un pays plus juste et solidaire.

C’est dans ce contexte qu’Ambroise CROIZAT, ancien ouvrier métallurgiste, communiste, militant CGT et ministre du Travail, va changer la vie de millions de Français. En seulement 16 mois, avec le haut fonctionnaire Pierre LAROQUE, il crée le régime général de la Sécurité sociale, inspiré du programme du Conseil National de la Résistance.

Un projet révolutionnaire pour une époque où la France était ruinée, qui regroupe :

  • l’assurance-maladie
  • les retraites
  • les allocations familiales
  • et la protection contre les accidents du travail

Sous son impulsion :

  • les allocations familiales sont doublées,
  • les heures supplémentaires mieux rémunérées (+50 %),
  • et l’injustice salariale envers les femmes est abolie.

CROIZAT renforce aussi les comités d’entreprise, organise la médecine du travail et crée le statut des mineurs. Aujourd’hui encore, son œuvre continue de protéger chacun de nous, mais qui a entendu parler de lui ?

Et vous, connaissiez-vous ce personnage qui ne figure pas dans les livres d’histoire ?

Sources biblio :

  • La biographie d’Ambroise Croizat sur Wikipédia
  • le film « la sociale« , film de Gilles PERRET, 2016,
  • Le livre « Ambroise Croizat, justice sociale et humanisme en héritage« , 2025, Geai Bleu Edition

DM, 18/10/2025

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Le séneçon du Cap

Si vous circulez sur la D906 entre Belleville et Mâcon, vous avez sûrement déjà remarqué, près de Crêches-sur-Saône notamment, une bande de fleurs jaunes très serrées au bord de la route. Ce tapis lumineux n’est pas composé de pissenlits mais d’une plante appelée séneçon du Cap, ou encore séneçon de Mazamet (Senecio inaequidens).

Cette espèce vient des hauts plateaux d’Afrique du Sud. On raconte qu’elle serait arrivée en France dans les années 1930, accrochée aux toisons de moutons importées par les usines de laine de Mazamet, dans le Tarn. C’est ainsi qu’elle a hérité de ses deux noms.

Le séneçon du Cap est une plante vivace qui forme des touffes pouvant atteindre un mètre de haut. Ses feuilles sont étroites, allongées et persistantes, un peu comme de petites aiguilles. Ses fleurs, jaunes et abondantes, rappellent celles des marguerites, mais en version réduite : environ 2 cm de diamètre, regroupées en petits bouquets.

Ce qui la rend remarquable, c’est sa capacité à fleurir presque toute l’année et à produire une quantité impressionnante de graines. Celles-ci voyagent facilement grâce au vent, ce qui explique sa progression rapide.

Mais derrière son apparence ensoleillée, la plante cache un côté sombre : elle est envahissante et toxique, à la fois pour les plantes voisines, qu’elle fait régresser, mais aussi pour le bétail, et même pour certains insectes pollinisateurs.

D’abord cantonné au sud de la France, le séneçon du Cap a progressivement remonté le pays en suivant les routes et les voies ferrées. Arrivée depuis peu dans le Beaujolais, sa présence soulève des inquiétudes, car il s’agit d’une plante à la fois envahissante et nuisible pour l’agriculture et l’élevage.

Vous pouvez suivre sa progression à venir le long de nos routes…

DM, 12/10/2025

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