Le séneçon du Cap

Si vous circulez sur la D906 entre Belleville et Mâcon, vous avez sûrement déjà remarqué, près de Crêches-sur-Saône notamment, une bande de fleurs jaunes très serrées au bord de la route. Ce tapis lumineux n’est pas composé de pissenlits mais d’une plante appelée séneçon du Cap, ou encore séneçon de Mazamet (Senecio inaequidens).

Cette espèce vient des hauts plateaux d’Afrique du Sud. On raconte qu’elle serait arrivée en France dans les années 1930, accrochée aux toisons de moutons importées par les usines de laine de Mazamet, dans le Tarn. C’est ainsi qu’elle a hérité de ses deux noms.

Le séneçon du Cap est une plante vivace qui forme des touffes pouvant atteindre un mètre de haut. Ses feuilles sont étroites, allongées et persistantes, un peu comme de petites aiguilles. Ses fleurs, jaunes et abondantes, rappellent celles des marguerites, mais en version réduite : environ 2 cm de diamètre, regroupées en petits bouquets.

Ce qui la rend remarquable, c’est sa capacité à fleurir presque toute l’année et à produire une quantité impressionnante de graines. Celles-ci voyagent facilement grâce au vent, ce qui explique sa progression rapide.

Mais derrière son apparence ensoleillée, la plante cache un côté sombre : elle est envahissante et toxique, à la fois pour les plantes voisines, qu’elle fait régresser, mais aussi pour le bétail, et même pour certains insectes pollinisateurs.

D’abord cantonné au sud de la France, le séneçon du Cap a progressivement remonté le pays en suivant les routes et les voies ferrées. Arrivée depuis peu dans le Beaujolais, sa présence soulève des inquiétudes, car il s’agit d’une plante à la fois envahissante et nuisible pour l’agriculture et l’élevage.

Vous pouvez suivre sa progression à venir le long de nos routes…

DM, 12/10/2025

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La renouée d’Aubert

Crédit photo D. Mathieu

Sur la départementale D86, entre Vauxrenard et le col de Durbize, une scène spectaculaire attire l’attention : sur la gauche, juste avant la route de la Pépinière, une plante grimpante recouvre totalement la végétation au sol et engloutit même les arbres alentour. Ses longues grappes de fleurs blanches, très ornementales, et ses rameaux, étouffent progressivement les arbres en les privant de lumière, jusqu’à provoquer leur mort et leur chute. Le spectacle est saisissant.

De quelle plante s’agit-il ? De la Renouée d’Aubert (Fallopia aubertii), une Polygonacée apparentée à la rhubarbe, à la persicaire, au sarrasin ou encore aux rumex. Originaire de l’ouest de la Chine, elle fut introduite en France en 1899 par Georges Aubert. D’abord prisée comme plante grimpante décorative pour sa croissance rapide et sa floraison abondante, elle s’échappe parfois des jardins, comme c’est le cas ici à Vauxrenard, à l’emplacement l’ancienne décharge publique.

Contrairement à la tristement célèbre Renouée du Japon (Reynoutria japonica), espèce invasive bien connue, la Renouée d’Aubert n’est pas considérée comme envahissante en Europe. Elle ne se dissémine pas facilement et reste cantonnée aux lieux où elle a été plantée. Toutefois, là où elle s’installe, elle peut rapidement dominer tout l’espace disponible et supplanter la végétation existante.

Par J.F. Gaffard Jeffdelonge at fr.wikipedia — photo by Jeffdelonge, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1673272a.

Daniel MATHIEU, 24 septembre 2025

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La terrasse de Chiroubles

Bien connue pour son panorama grandiose sur la vallée de la Saône, ses concerts estivaux du mercredi soir, son restaurant panoramique, sa boutique de vins du cru Chiroubles et son sentier Géosite des crus, cette destination n’a pourtant reçu son nom actuel qu’il y a un siècle à peine !

En effet, c’est Fernand Vélon qui, dans son Carnet du touriste publié en 1923 et intitulé Les beaux sites du Mâconnais-Beaujolais et de la vallée d’Azergues, lui attribua l’appellation qu’elle porte encore aujourd’hui, comme expliqué ci-dessous

Nous apprenons par ailleurs dans ce petit livret que Vauxrenard y était célèbre par ses énormes fromages de chèvre, qu’il était peuplé de 626 habitants (le double d’aujourd’hui) et magnifiquement situé dans un site pittoresque au pied de la Montagne des Éguillettes.  Ce qui n’a pas changé !

L’itinéraire qui conduit à Ouroux passe par le …hameau des Brigands, ainsi appelé sans doute à cause de son isolement, et par euphémisme, car les habitants en sont forts affables… En contre bas les tourelles du château du Thil, admirablement placé au dessous des sources de la Mauvaise (en fait le ruisseau de Changy) au milieu d’un magnifique boqueteau de sapins… 

En suivant la route on arrive au hameau de Font-Martin composé de trois maisons, qui était complètement isolé jusqu’à la création de l’autobus… Du col de Font-Martin une descente extrèmement accentuée de 4 km, qui dépasse les 8% dans les virages, arrive au petit village d’Ouroux-Saint-Antoine, le village rêvé pour un séjour estival…

Ainsi sont décrits en 70 pages les itinéraires du Beaujolais et du Mâconnais. Un régal…

Daniel MATHIEU, 15 septembre 2025

 

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